En 1848, le peuple parisien renversa Louis-Philippe, qui fut, disons-le en passant, le plus acharné défenseur de la paix que la France ait jamais eu à sa tête.
  Les ouvriers déclarèrent :
Nous avons trois mois de misère, à mettre au service de la République...
  Au bout de trois mois, la misère durait toujours.

  La IIIe République avait bien proclamé le droit au travail. Mais les belles phrases ne suffisent pas. On organisa des ateliers nationaux, qui firent rapidement banqueroute. Voici la solution que trouva la IIe République : envoyer un certain nombre de prolétaires dessécher des marais, licencier les autres avec cinq francs en poche, enrôler les derniers dans l'armée. Les 22 et 23 juin, le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint Marceau se couvrirent de barricades. Sur les bannières ouvrières, on lisait : Du travail et du pain! Et savez-vous ce que répondit aux insurgés le commandant de la Garde nationale, l'avoué Masson : Que voulez-vous de plus? Vous avez le suffrage universel !

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  Malheureusement, la bourgeoisie républicaine répondit autre chose, elle répondit par les fusillades de Cavaignac. Celui-ci se chargea de la répression. On sait qu'elle fut atroce.
  La IIIe République est née dans le sang de la Commune.
  Le 4 septembre 1870, la République était proclamée à l'Hôtel de ville. Quelques mois après, les ouvriers tombaient sous les balles françaises, tout comme en juin 1848...
  Par la suite, on opéra en moins grand. Signalons simplement avant la guerre de 14-18 :
- En 1891 : fusillade à Fourmies, le 1er mai : neuf morts.
- En 1900 : fusillade à la Martinique : dix-sept victimes.
- En 1907 : fusillade à Raon-l'Etape : trente blessés. Fusillade à Narbonne : trois tués.
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En 1908 : fusillade à Villeneuve -Saint-Georges et Draveil : neuf morts, cinquante-six blessés

La démocratie a eu parfois la main lourde pour les prolétaires.